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Quand les plantes sont apparues sur la Terre et ont évolué pour devenir les espèces que nous connaissons aujourd'hui, il est connu que la concentration moyenne en CO2 de l'air était beaucoup plus élevée qu'au 21e siècle. Cette concentration en CO2 était certainement supérieure à 1 000 parties par million (ppm) alors que nous observons actuellement en moyenne 400 ppm sur la planète. Ainsi, la plupart des plantes réagissent et se développent plus rapidement avec un air à plus forte concentration de CO2. Voilà pourquoi des jardiniers utilisent l'enrichissement en CO2 pour fournir plus de matière première à la plante à transformer en feuillage et en tiges et pour obtenir plus rapidement une plus grosse récolte.
Les effets bénéfiques de l'enrichissement en CO2 sont de réduire la durée de la culture, (du semis à la récolte), d'atteindre la floraison plus tôt (moins de jours depuis le semis), d'accélérer la croissance et le rendement à la récolte. Les plantes sont également protégées contre certaines maladies (moisissures) par une concentration plus élevée en CO2 dans l'air du jardin. L'université Rutgers a mené une comparaison scientifique entre des laitues romaines cultivées en serre et cultivées en plein champ. La comparaison a clairement démontré l'intérêt d'une culture contrôlée à l'intérieur avec enrichissement en CO2. Les laitues romaines cultivées en plein champ ont atteint la maturité idéale pour l'expédition au marché en 62 jours. Des laitues semblables cultivées en serre, avec un climat bien contrôlé et l'enrichissement en CO2, ont atteint la même maturité en 48 jours : une réduction de 14 jours pour arriver à la récolte! En plus et en mieux, le rendement (masse de feuilles récoltées par mètre carré) a été amélioré d'environ un tiers (+33 %). La qualité de la récolte était plus uniforme et donc vendue plus cher.
Obtenant le carbone seulement en respirant du bioxyde de carbone (CO2) de l'air, aussitôt que les stomates (Figure 1) se ferment, la plante est privée de ce matériau essentiel à la construction des cellules. Chaque cellule d'une plante est constituée d'un grand nombre de « chaînes organiques » composées, entre autres, d'azote, de carbone, d'hydrogène et d'oxygène. Si n'importe lequel de ces atomes n'est pas présent dans la bonne proportion par rapport aux autres dans « l'usine d'assemblage des cellules », le développement des tissus et la croissance sont ralentis pour utiliser seulement ce qui est disponible. Comme l'oxygène et l'hydrogène peuvent venir par l'eau absorbée par les racines et que l'azote et les autres éléments nutritifs sont en solution dans cette eau, le CO2 disponible à respirer devient le facteur limitant à la croissance. De bonnes conditions de température et d'humidité relative en présence de lumière maintiendront les stomates ouverts pour favoriser l'absorption du CO2. Il apparaît évident qu'en l'absence d'une forme d'enrichissement de l'atmosphère en CO2, il est clairement nécessaire d'assurer un minimum d'apport d'air frais pour fournir aux plantes du CO2 au fur et à mesure qu'elles le respirent et l'utilisent. Le contrôle des variables du climat apparaît donc important pour maintenir les stomates des plantes ouverts et favoriser leur croissance soutenue dans un local fermé.
Figure 1 : Les feuilles des plantes comportes de plusieurs
centaines à plusieurs milliers de stomates par centimètre carré : les stomates comme celui montré ici ouvert et agrandi 2 900 fois laissent entrer le CO2 et sortir l'oxygène, l'humidité et les surplus gazeux.
Il est connu qu'une concentration en CO2 dans le jardin entre 700 et 900 ppm permet d'obtenir de très bons résultats. La majorité des plantes cultivées pour la beauté de leurs fleurs ou de leur feuillage croissent de façon optimale à environ 800 ppm, sauf les rosiers qui exigent 1200 ppm. Pour les fruits et les légumes, la concentration en CO2 idéale dans l'air du jardin intérieur devrait se situer au moins entre 1000 et 1200 ppm.
Il faut éviter une concentration trop élevée en CO2. Trop de CO2 diminue la transpiration des plantes pendant la photosynthèse : sans transpiration pour « tirer l'eau » à travers la plante, moins d'eau et de nutriments sont consommés par les racines et la croissance ralentit. À concentration de CO2 trop élevée, des nécroses (zone de tissu végétal mort, Figure 2) se forment sur les feuilles qui peuvent aussi s'enrouler sur elles-mêmes. Les zones de tissus morts des plantes sont une nourriture idéale pour des bactéries et des moisissures. Trop de CO2 peut donc apporter une mauvaise récolte et supporter des infestations de moisissures et de bactéries qui réduisent la quantité à récolter et sa qualité.

Figure 2 : Les nécroses sont des zones ou points des feuilles, parfois aussi les bords des feuilles, qui deviennent jaune, vert pâle ou brun ou parfois noir.
En général, on recommande pour un grand nombre de plante d'apporter du CO2 pour assurer une concentration entre 1 000 et 1 500 ppm. Il n'y aurait pas d'avantage réel à enrichir le climat du jardin au delà de 1 500 ppm. Au contraire, les concentrations en CO2 plus élevées que 1 500 ppm causent un risque pour la santé et constituent un coût d'exploitation inutile. Aussi, il faut rappeler que les plantes, sauf quelques exceptions, absorbent le CO2 seulement pendant la photosynthèse donc lorsqu'éclairées.
Enrichir le jardin en CO2 à la noirceur est inutile et même nuisible aux plantes. À la noirceur, les plantes font le ménage en rejetant tout ce qui n'a pas été utilisé dans la photosynthèse. Il y a donc rejet du CO2 inutilisé. En enrichissant à la noirceur, on risque de causer un « embouteillage » empêchant les plantes de compléter leur ménage.
Le dioxyde de carbone n'est pas toxique directement. Toutefois, plus la concentration augmente, plus il affecte la respiration et les fonctions du cerveau humain. Les personnes souffrant d'affections pulmonaires telles que l'asthme peuvent être rapidement affectées et même entrer en crise avec une concentration sans effet pour d'autres personnes. Heureusement, les malaises et effets subis par une personne ou un animal de compagnie sont entièrement réversibles. On a qu'à amener la personne incommodée à l'extérieur et la laisser respirer le temps qu'il faut pour que le malaise disparaisse pendant que la concentration du CO2 dans le sang diminue.
À titre d'exemple, le tableau suivant donne des indications sur des concentrations de CO2 communes et leurs effets.
| Concentration | Situation | Symptômes et malaises |
|---|---|---|
| 600 à 800 ppm | Dans maison et bureaux bien ventilés | Aucun |
| 1000 ppm | Concentration tolérable pour lieux fermés | Possibles symptômes pour les asthmatiques et début de « fatigue intellectuelle » pour les personnes les plus sensibles |
| 1200 à 2000 ppm |
|
Baillements et somnolence, étourdissement Accentuation des symptômes des asthmatiques - crise possible |
| 5000 ppm | Limite haute pour une exposition continue pendant 8 heures | Seulement pour personnes tolérantes Les symptômes déjà mentionnés sont renforcés |
| 6000 à 30 000 ppm | Exposition très courte recommandée | Risque d'évanouissement préalable au décès |
| 3000 à 8000 | Jardin intérieur où l'enrichissement en CO2 est hors de contrôle | Augmentation de la fréquence respiratoire et cardiaque |
| 10 000 ppm et + | Nausée, vomissement, étourdissement prononcé, évanouissement | |
| 20 000 ppm et + | Évanouissement survient rapidement et le décès* est probable s'il n'y a pas intervention pour amener la personne affectée respirer de l'air moins chargé en CO2. |
* Le décès survient lorsque le CO2 plus lourd que l'oxygène déplace ce dernier trop haut pour être respiré par la personne évanouie. Le décès survient donc par suffocation.
Une rumeur à l'effet d'enrichir le jardin intérieur de 6 000 à 10 000 ppm pendant une heure pour tuer les insectes ravageurs a circulé quelque temps sur l'Internet. La situation a été vérifiée et le mythe a été défait. Les insectes comme les humains s'évanouissent et s'endorment sous de fortes concentrations en CO2. Comme les humains aussi, lorsque la concentration en CO2 est ramenée à un niveau plus normal, les insectes se réveillent et reprennent leur activité.
Agaçant les moustiques! Les maringouins, mouches noires, brûlots et autres insectes qui piquent repèrent les animaux à sang chaud et les humains par le CO2 rejeté dans la respiration. Les humains expirent l'air à une concentration de 35 000 à 60 000 ppm. Pas étonnant, que les moustiques nous trouvent facilement! C'est d'ailleurs la raison pourquoi des machines à tuer les moustiques par décharges électriques récemment apparues sur le marché utilisent du CO2 liquide en bouteille pour attirer les moustiques.
Dernière mise à jour : 18 mai 2012
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